Médecine

  1. Accompagnement psychologique
  2. Informations générales sur la thérapie hormonale
  3. Informations générales sur les opérations
  4. Quelles possibilités pour les femmes trans* ?
  5. Quelles possibilités pour les hommes trans* ?

 

Aujourd’hui, la médecine offre de nombreuses possibilités permettant de faire correspondre son corps à son identité de genre. C’est aux personne trans*, et à elles seules, de décider si elles souhaitent avoir recours ou non à ces différentes possibilités.

Vous trouverez de plus amples informations concernant la prise en charge par les caisses-maladie à la rubrique Droit.

  1. Accompagnement psychologique

L’accompagnement psychologique peut avoir différents objectifs. D’une part, un tel accompagnement est bien souvent une condition sine qua non pour la prise en charge par votre caisse-maladie des frais liés à la transition, et il arrive que les chirurgien·ne·s n’acceptent de réaliser une opération que sur présentation d’une attestation délivrée par un·e psychiatre. D’autre part, parler de vos problèmes et de vos inquiétudes à une personne neutre peut vous faire du bien.

Mieux vaut choisir son psychiatre ou sa psychologue avec soin. Il est important que vous vous sentiez à l’aise avec la personne choisie. Dans l’idéal, votre thérapeute est votre allié·e. Si ce n’est pas le cas, pensez à changer de psychiatre ou de psychologue. Vous pouvez obtenir des adresses de thérapeutes en envoyant un e-mail à l’adresse suivante : hc.kr1511501832owten1511501832-redn1511501832egsna1511501832rt@hz1511501832-elle1511501832tshca1511501832f1511501832 ou, pour la Romandie, auprès du Checkpoint Vaud (fondation Profa) ou de la Fondation Agnodice.

Test de vie réelle : Par le passé, les personnes trans* devaient avoir vécu pendant un an dans le « rôle de genre souhaité » avant de pouvoir bénéficier des mesures médicales de réassignation de genre. Ce test de vie réelle n’est plus exigé dans les directives internationales actuelles, c’est-à-dire dans la 7e version des Standards de soins développés par la World Professional Association for Transgender Health (WPATH).

Pour plus d’informations, consultez la rubrique Psychologie.

  1. Informations générales sur la thérapie hormonale

Une thérapie hormonale doit s’effectuer sous la supervision d’un·e médecin connaissant le traitement des personnes trans*. En général, il s’agit d’un·e endocrinologue (spécialiste des hormones), mais un·e gynécologue, un·e urologue ou encore un·e médecin généraliste peuvent également prescrire des hormones et assurer le suivi médical.

Attention : Nous vous déconseillons vivement de prendre des hormones sans suivi médical ou encore de vous procurer des médicaments sur Internet. Des complications graves pourraient se manifester. Nous vous recommandons également de faire contrôler vos taux sanguins par un·e médecin au moins une fois par an.

Chez les enfants et les adolescent·e·s, il est possible de retarder la puberté à l’aide de produits appelés « bloqueurs de puberté ». Ces produits empêchent l’apparition des changements physiques non désirés et l’adolescent·e a ainsi plus de temps pour prendre une décision définitive concernant une éventuelle transition.

L’effet des thérapies hormonales est très variable d’une personne à l’autre, tant au niveau de la rapidité que de l’ampleur des changements observés.

Le produit et le dosage adaptés doivent être fixés de manière individuelle. Un dosage parfaitement adapté à une personne de votre entourage peut s’avérer trop fort ou trop faible pour vous. Il est conseillé de convenir du produit et du dosage adaptés à votre cas en consultation avec votre médecin traitant·e.

En général, la prise d’hormones se poursuit tout au long de la vie. Il est cependant possible d’interrompre le traitement hormonal de manière temporaire ou définitive, notamment si vous n’avez pas procédé à l’ablation de vos ovaires ou de vos testicules.

La plupart des modifications ne s’effectuent pas du jour au lendemain et il est possible d’adapter le dosage des hormones à votre bien-être. Pour cela, il est indispensable de consulter un·e professionnel·le de santé.

Les hormones peuvent avoir des effets secondaires comparables à ce que connaissent les personnes cisgenres pendant la puberté ou lors de la ménopause. Dans certains cas isolés, il y a risque d’effets secondaires graves. Il est donc important de bien vous informer avant d’entamer une hormonothérapie.

  1. Informations générales sur les opérations

Libre à vous de choisir de mener une opération ou toute autre intervention dans le cadre de votre transition. Prenez le temps de réfléchir et demandez-vous en toute honnêteté ce qui correspond à vos besoins et envies. C’est vous et vous seul·e qui prenez la décision de vous faire opérer ou non. Aucune pression extérieure ne doit vous faire infléchir dans un sens ou dans l’autre.

Toute opération comporte des risques. D’éventuelles complications peuvent apparaître, et ce, même avec le/la meilleur·e des chirurgien·ne·s. Les complications sont particulièrement fréquentes dans le cadre des opérations génitales.

Avant de vous décider pour une opération, il est important de vous renseigner auprès de différent·e·s chirurgien·ne·s concernant les techniques employées. N’hésitez pas à leur demander de vous montrer des photos de résultats d’opération réalisées par leur soin sur des personnes trans* qui avaient plus ou moins la même situation de départ. Voici une liste de questions à vous poser :

– Quelle technique peut être utilisée dans mon cas et avec quel résultat ?

– Quelles sont la ou les fonctions physiologiques qui m’importent ? Quel·le est le/la chirurgien·ne le/la plus susceptible de satisfaire mon attente ?

– Quelle est l’apparence que je souhaite ? Quel·le est le/la chirurgien·ne le/la plus susceptible de satisfaire mon attente ?

– Les photos des résultats d’une opération réalisée par ce·tte chirurgien·ne me plaisent-elles ?

– Quelles sont les expériences d’autres personnes trans* ayant consulté ce·tte chirurgien·ne ?

– Est-ce qu’une opération à l’étranger est envisageable ?

– Est-ce que je me fais opérer même si le résultat probable ne me convainc pas entièrement en termes d’apparence et/ou de fonctionnalité ?

  1. Quelles possibilités pour les femmes trans* ?

4.1 Traitement hormonal

L’hormone responsable de la féminisation s’appelle l’œstrogène. Elle peut être administrée sous forme de pilules, de patchs ou d’un gel. En règle générale, les femmes trans* prennent les mêmes traitements que les femmes cisgenres lors de la ménopause. Au début du traitement, des anti-androgènes sont souvent prescrits en complément afin de bloquer l’effet de la testostérone.

Les changements entraînés par les hormones varient fortement d’une personne à l’autre. Les femmes trans* qui sont passées par une puberté masculine ne pourront malheureusement pas défaire certains de ses effets. La stature, la largeur des épaules, la taille des mains, etc. resteront les mêmes.

Les hormones entraînent un changement cutané, la peau devient plus douce. De même, les traits du visage s’adoucissent. Cependant, cette modification ne suffit souvent pas pour pouvoir être clairement identifiée comme femme. La masse musculaire et la force physique diminuent, la répartition des graisses se féminise.

Si la pilosité peut légèrement diminuer dans l’ensemble, les poils du visage restent visibles. Si vous avez commencé à vous dégarnir, la prise d’hormones n’entraînera pas la repousse de vos cheveux.

Les œstrogènes entraînent une augmentation plus ou moins importante de la poitrine. Les seins mettent en général plusieurs années avant d’atteindre leur taille définitive.

La libido et les érections (spontanées) se raréfient. Les testicules rétrécissent et la production de spermatozoïdes diminue.

Le traitement hormonal n’a pas d’influence sur la hauteur de la voix.

De manière générale, il est important d’avoir à l’esprit que ces changements varient fortement d’une personne à l’autre et peuvent ne pas se manifester dans leur intégralité chez toutes les femmes trans* prenant des hormones.

4.2 Opérations et autres interventions

Augmentation mammaire : Si votre poitrine n’atteint pas la taille désirée grâce au traitement hormonal, vous pouvez avoir recours à des implants mammaires. Il est important de discuter avec votre chirurgien·ne du résultat escompté ainsi que de la technique et du type d’implants souhaités. Les implants ont le désavantage d’avoir une durée de vie limitée et doivent être remplacés au bout de plusieurs années.

Opérations génitales : Les testicules et le pénis peuvent être enlevés par intervention chirurgicale. On utilise leur peau pour former un néo-vagin, un clitoris ainsi que les grandes et parfois les petites lèvres. Dans la plupart des cas, la sensibilité des tissus et la capacité orgasmique sont préservées. Il est également possible de procéder à une simple ablation des testicules. Les opérations génitales sont extrêmement délicates et mieux vaut choisir un·e chirurgien·ne expérimenté·e, voire se faire opérer à l’étranger.

Épilation : En fonction de la couleur des poils et de la peau, la pilosité faciale peut être supprimée à l’aide d’une épilation au laser ou électrique. Pour ce faire, plusieurs séances sont nécessaires auprès d’un·e spécialiste, d’un·e dermatologue ou dans un institut de beauté. Attention : les caisses-maladie ne prennent pas en charge les séances effectuées dans un institut de beauté.

Voix : Vous pouvez obtenir une voix plus féminine grâce à une chirurgie des cordes vocales ou à une rééducation orthophonique.

Orthophonie : Lors des séances d’orthophonie, vous apprenez à parler d’une voix plus aiguë et avec des intonations plus féminines. Outre ces séances, vous devrez vous entraîner à la maison pendant de nombreuses heures. Certaines femmes trans* arrivent ainsi à parler d’une voix dont la hauteur correspond à celle des femmes cisgenres.

Raccourcissement des cordes vocales : Afin d’obtenir une voix plus aiguë, les cordes vocales peuvent être raccourcies lors d’une opération chirurgicale. Les résultats de cette opération sont très variables d’une personne à l’autre.

Chirurgie de féminisation du visage (facial feminization surgery) : Ce terme désigne différentes techniques permettant de féminiser les traits du visage, principalement grâce à la modification de l’ossature faciale, notamment du menton et des pommettes. Ces opérations sont surtout proposées à l’étranger (aux États-Unis et en Thaïlande mais aussi en Europe).

Pomme d’Adam : Une pomme d’Adam proéminente peut être aplanie grâce à une technique de rabotage.

Cheveux : Vous pouvez remédier à d’éventuelles chutes de cheveux grâce à une greffe. Si vous optez pour une perruque, demandez conseil et investissez dans une perruque de bonne qualité à l’aspect naturel. Attention : les perruques ne sont pas remboursées par la caisse-maladie. Une prise en charge des coûts par l’AI est toutefois possible.

  1. Quelles possibilités pour les hommes trans* ?

5.1 Traitement hormonal

L’hormone responsable de la masculinisation s’appelle la testostérone. La testostérone est disponible sous forme d’injection ou de gel en application cutanée. Cette dernière technique nécessite une application quotidienne. En Suisse, deux produits sont principalement utilisés pour les injections : le Testoviron (injections environ toutes les trois semaines) et le Nebido (injections tous les trois mois). Le produit le mieux adapté varie d’une personne à l’autre.

En général, la prise de testostérone suffit. Si les règles ne disparaissent pas au bout de plusieurs mois de traitement, une prise complémentaire de bloqueurs hormonaux peut être envisagée.

Grâce à la testostérone, votre apparence devient clairement masculine. La pilosité se développe et la barbe se met à pousser. La masse musculaire augmente, les traits du visage et le corps dans son ensemble se masculinisent. La structure de la peau se modifie également et devient plus granuleuse. La voix mue et devient plus grave. Dans la plupart des cas, les règles cessent au bout de quelques mois. Le clitoris grandit de plusieurs centimètres. Ces effets sont décisifs et après un ou deux ans de prise de testostérone, les hommes trans* sont clairement identifiés comme des hommes.

Au cours de la première année, les effets secondaires les plus fréquents sont l’acné (boutons), une augmentation de la sudation, la rétention d’eau et des douleurs musculaires. La barbe et la pilosité continuent d’augmenter au fil des années. Après quelques années, les hommes trans* doivent s’attendre à se dégarnir, voire à devenir chauve en fonction de leurs antécédents familiaux. De nombreux hommes trans* font état d’un accroissement de libido, certains évoquent également des changements émotionnels, tels que l’incapacité à pleurer comme avant.

Jusqu’à présent, aucune étude n’est venue confirmer l’idée répandue selon laquelle la testostérone pourrait entraîner un cancer des organes génitaux. Cependant, un dépistage régulier s’impose tout autant pour les hommes trans* que pour les femmes cisgenres.

De manière générale, il est important d’avoir à l’esprit que ces changements varient fortement d’une personne à l’autre et peuvent ne pas se manifester dans leur intégralité chez tous les hommes trans* prenant de la testostérone.

5.2 Opérations

Ablation de la poitrine (mastectomie) : Les seins peuvent être retirés grâce à une opération visant à reconstruire un torse masculin. Pour les fortes poitrines, l’opération laisse des cicatrices visibles sur le torse. Pour les poitrines plus petites (environ jusqu’au bonnet B), une légère incision au niveau du mamelon suffit, ce qui ne laisse pas de marques visibles. De manière générale, la probabilité que l’opération laisse des traces n’est jamais à exclure, notamment si vous avez une forte poitrine.

Ablation de l’utérus et des ovaires (hystérectomie et ovariectomie) : Ces interventions se déroulent de la même manière que pour les femmes cisgenres et ne doivent pas nécessairement être pratiquées par un·e chirurgien·ne spécialiste des opérations pour hommes trans*.

La « petite intervention » (clitoris pénoïde, métoidioplastie) et la « grande intervention » (phalloplastie, pénoplastie) : La métoidioplastie est une intervention chirurgicale consistant à dégager le clitoris qui a poussé sous l’effet de la testostérone, ce qui lui permet de se déployer et de gagner en mobilité. L’urètre peut être allongé jusqu’au bout du clitoris pénoïde. Cela permet à certains d’uriner debout. En général, le vagin est enlevé et refermé au cours de cette opération.

Pour construire un pénis de taille supérieure, on prélève la peau d’une autre partie du corps, en général sur l’avant-bras. Le néo-pénis est relié à un nerf existant (en général un nerf de l’aine ou du clitoris) si bien que la sensibilité revient au bout de quelque temps. Le clitoris constitue la base du néo-pénis de telle sorte que la capacité orgasmique est habituellement préservée. L’érection est possible grâce à une pompe qui peut être activée afin d’entraîner le durcissement du néo-pénis.

Dans les deux cas, des implants testiculaires peuvent être insérés dans les grandes lèvres.

La phalloplastie constitue une opération extrêmement délicate qui n’est maîtrisée que par de rares médecins en Suisse. Les complications sont courantes et entraînent des opérations supplémentaires. Aujourd’hui encore, l’apparence d’un néo-pénis n’est pas entièrement identique à celle du pénis d’un homme cisgenre.

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